Alors qu’on peut aujourd’hui guérir 95% des patients atteints d’une hépatite C chronique, 75000 personnes ignorent qu’elles sont infectées. Pour mettre fin à cette situation, la société française d’hépatologie AFEF réclame un dépistage généralisé avec une grande campagne de sensibilisation.

Soixante quinze mille personnes ignorent encore qu'elles sont infectées en France par le virus de l'hépatite C, d'après la société française d'hépatologie AFEF.

Sommaire

  1. Objectif : l’éradication de l’hépatite C
  2. Hépatites chroniques C : dépister et traiter les 75 000 patients qui ne se savent pas infectés
  3. La guérison virale n’équivaut pas forcément à la guérison

Objectif : l’éradication de l’hépatite CLe virus de l’hépatite C se transmet essentiellement par voie sanguine, aujourd’hui le plus souvent par le partage de matériel entre usagers de drogues (seringue, paille de sniff, compresse…). Historiquement, le virus s’est propagé via les transfusions sanguines, mais la découverte du virus en 1989 a permis d’écarter définitivement ce risque dans les pays industrialisés. Le virus a pu se transmettre à l’occasion de tatouages, de soins dentaires et médicaux ou d’acupuncture réalisés avec du matériel mal stérilisé, mais aujourd’hui cette voie de contamination est anecdotique.L’hépatite chronique virale C progresse silencieusement durant des années, durant lesquelles les cellules du foie infectées sont détruites par les défenses immunitaires et progressivement remplacées par un tissu cicatriciel fibreux. Après 10 ou 15 ans, cette fibrose peut évoluer vers une cirrhose. Le foie n’est alors plus capable d’assurer ses fonctions normales.


A l’occasion du congrès annuel de la société française d’hépatologie (AFEF) qui se tient à Nice du 4 au 7 octobre, ces experts rappellent qu’aujourd’hui, les nouveaux traitements permettent de guérir 95 % des hépatites virales C en quelques semaines de traitement (de 8 à 24) avec peu d’effets secondaires a modifié la prise en charge de cette maladie depuis 2014. Toutes les associations savantes nationales et internationales en 2016 (et depuis 2015 pour l’AFEF) ont recommandé l’accès universel du traitement. Depuis le début 2017, l’accès au traitement en France est devenu universel et le traitement peut être proposé à tous les patients. L’objectif à moyen terme est l’éradication de l’hépatite C dans quelques années.Hépatites chroniques C : dépister et traiter les 75 000 patients qui ne se savent pas infectésEn France, on estime que 192 700 patients sont à traiter. Après l’élargissement de l’accès au traitement, environ 15 000 patients ont été traités en 2015 et 15 000 en 2016. Il reste donc environ plus de 150 000 patients à traiter, dont 75 000 patients qui ignorent leur infection. Le dépistage revêt ainsi un enjeu majeur. Aujourd’hui recommandé à tous les adultes depuis 2016, ce dépistage est selon l’AFEF “effectué de façon variable sur le territoire et nécessite des améliorations (campagne de dépistage par exemple)”.En plus de dépister et de traiter rapidement les populations les plus à risque qui sont les usagers de drogues, l’AFEF juge qu’il faut “aussi dépister les sujets nés à l’étranger chez qui la fréquence de l’infection est globalement plus élevée que chez les patients nés en France ; certains sujets migrants sont difficiles à dépister car pas toujours informés par rapport à cette maladie, à leurs droits sociaux et à la possibilité d’une prise en charge médicale”.La guérison virale n’équivaut pas forcément à la guérisonAttention, la guérison du virus n’équivaut pas à la guérison du foie chez tous les patients.

  • Un patient guéri peut se réinfecter : les patients à risque doivent ainsi être dépistés régulièrement ;
  • Le risque d’aggravation de la maladie du foie existe si le patient a d’autres maladies du foie (surconsommation d’alcool, surcharge hépatique en graisse)
  • Les cirrhoses préexistantes au traitement peuvent se compliquer, le principal risque est le cancer du foie qui reste la 1° cause de décès dans cette maladie.

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